Le Pissenlit


Articles,Comestible / vendredi, août 24th, 2018

Le Pissenlit / Taraxacum Dens Leonis / Famille des Astéracées

Taraxacum dens leonis, en anglais « dandelion », « dent de lion », inspiré par la forme de ses feuilles.

On utilise la plante entière, c’est à dire la racine, la fleur et la feuille.
C’est une des meilleurs plantes mellifères du premier printemps, étant riche en pollen aussi bien qu’en nectar.

Le pissenlit n’est pas une fleur ?

Et oui quand on parle de fleur de pissenlit, on parle d’inflorescence, toutes ces petites « pétales »  jaunes, ce sont des fleurs, chaque « pétale est une fleur » donc quand vous regardez une fleur de pissenlit vous y voyer un bouquet de fleurs.
Chaque petite fleur comporte un petit tube jaune, on dit de ses fleurs qu’elles sont ligulées.
Quant a ses feuilles, elles ont une forme dentée, d’où son nom.


Histoire du pissenlit

Le pissenlit autrefois était utilisé et considéré comme le remède spécifique de trouble de la vue (nom scientifique Taraxacum vient du grec taraxis, « trouble des yeux »). Il semble que cette vertu n’ait pas été démontrée. Dès le 11ème siècle, le pissenlit était recommandé par les médecins arabes.

Il est courant de faire un vœu lorsque l’on souffle sur les pistils…


Utilisation en Herboristerie

On utilisera les feuilles qui agissent plus particulièrement sur le système rénal, tandis que la racine agira sur le système hépatique, elle est aussi diurétique, dépurative,
Son usage est surtout reconnu pour traiter les troubles digestifs, le manque d’appétit, améliorer les fonctions hépatiques, biliaire et urinaire.


Usage culinaire

 

Au niveau nutritionnel les feuilles sont très riche en fibre, en provitamine A, vitamines C, B1, B2, en fer, en calcium, en potassium, magnésium…

On utilisera aussi bien la feuille cuite en soupe, blanchies avec des lardons… ou cru en salade, que la fleur dans diverses préparations culinaires, en décoration pour agrémenter vos salades, dans vos plats salés ou sucrés, on peut aussi préparer un vin, un sirop ou une limonade.
Autrefois les fleurs entraient dans la coloration du beurre, on utilisait aussi la racine que l’on grillait pour remplacer le café.
Pour les feuilles, cueillez les tendres feuilles avant que les fleurs n’apparaissent.


Recette

Petit sablée aux fleurs de Pissenlit

  • 300 gr de farine
  • 200 gr de beurre salé
  • 100 gr de sucre semoule
  • 15 g de fleur de pissenlit

Dans un bol, mélanger tous les ingrédients avec les mains. Former une boule, la placer entre deux tapis de silicone flexibles et aplanir la pate à l’aide d’un rouleau à pâtisserie jusqu’à obtenir une pâte fine d’environ 1/2 cm.

Placer sur une plaque de cuisson et enfourner dans un four préchauffé à 180°C, durant 7 à 8 minutes.

Au sortir du four, à l’aide d’un couteau, détailler de suite vos biscuits en carrés d’environ 2 cm de coté. Laisser refroidir.

Gelée de fleurs de Pissenlit

On l’appelle aussi Cramaillotte ou Miel de fleurs de Pissenlit

  • environ 400 g de fleurs de pissenlit (fraichement cueillit, sans la tige)
  • 2 oranges bio non traitées
  • 2 citrons bio non traitées
  • environ 1 litre 1/2 d’eau
  • 800 g de sucre

Prélever le jaune des fleurs de pissenlit, les faire sécher un heure ou deux au soleil, ne pas laisser de vert, retirer le capitule.
Mettre les fleurs dans une grande casserole avec de l’eau et les agrumes coupés en fine tranche. Porter à ébullition, puis laisser à feu doux pendant environ 1 heure.

Filtrer et presser et faire cuire de nouveau avec le sucre pendant 20 à 25 minutes.
Le jus doit se figer lorsque l’on verse une cuillère dans une soucoupe que l’on a préalablement mis au congélateur.

On peut y rajouter de l’agar agar pour avoir une consistance plus gélatineuse.
Mettre en pot et fermer à chaud, puis placer le pot la tête en bas jusqu’à refroidissement
On peut consommer  cette gelée dans les desserts, ou tout simplement sûr du pain.


Histoire du jeune homme et du pissenlit

Sous les rayons du soleil printanier, les feuilles dentelées et robustes des premiers pissenlits firent leur apparition dans l’herbe tendre d’un jardin public.

L’un deux arborait une splendide fleur jaune fraîche et dorée comme un coucher de soleil au mois de mai. Au bout de quelques jours, la fleur devint aigrette, sphère légère, bordée de minuscules petites plumes ancrées aux graines agglutinées au centre. Ah ! comme elles rêvaient les petites semences bercées par la brise du soir et la timide sérénade des premiers grillons.
« Où irons-nous germer ? Qui sait ? Seul le vent sait !  »

Un matin, l’aigrette fut secouée par les doigts vigoureux et invisibles du vent. Attachées à leur petit parachute, les semences s’envolèrent emportées au loin. « Adieu, adieu… » Se dirent t’elles. Une à une, elle tombèrent dans la bonne terre de jardin et de prés. Mais la plus petite termina son envol sur un trottoir, dans la fissure du béton recouverte d’une fine couche de poussière. Pellicule bien dérisoire comparée à la terre grasse du pré ! « Mais elle est toute pour moi ! » se dit la semence, qui sans hésiter une seconde, se blottit tout au fond et pris racine. En face de cette lézarde se dressait un vieux banc boiteux et tout gribouillé où venait souvent s’asseoir un jeune homme au regard tourmenté, le cœur rempli d’angoisse. Il avait l’air tendu et les poings crispés. En apercevant deux petites feuilles vert tendre et dentelées se frayer un passage à travers le béton, il se mit à ricaner : « vous n’y arriverez pas ! Vous êtes comme moi. » Et il les piétina…

Le lendemain, il vit que les feuilles s’étaient redressées. Il y en avait quatre à présent. Depuis, il n’arrivait plus à détourner son regard de cette petite plante courageuse et têtue. Au bout de quelques jours, parut la fleur, d’un jaune brillant comme un cri de bonheur. Pour la première fois depuis bien longtemps, le jeune homme abattu sentit que la rancune et l’amertume qui pesaient sur son cœur commençait à se dissiper. Il releva la tête, respira à plein poumons et donna un grand coup au dossier du banc. « Maintenant s’écria t’il, j’en suis sûr, il est possible de réussir !  » Il avait à la fois envie de pleurer et de rire. Il caressa la petite tête jaune de la fleur : les plantes savent ressentir l’amour et la bonté des êtres humains. Pour ce pissenlit petit et courageux, cette caresse du jeune homme fut le plus moment de sa vie.

« Ne demande pas au vent, pourquoi il t’a déposé là où tu te trouves. Même si le béton t’étouffe, prend racine et vis. Tu es un message. »

Extrait du livre « Paraboles d’un curé de campagne ».

 

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